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Texte des vœux du maire 2016

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Discours vœux 2016.


J’avais naïvement pensé, il y a un an, que le mot du maire pouvait remplacer ce discours et que le débat que j’avais alors proposé aurait pu apporter des idées et serait source d’enrichissement mais Charlie avait tout balayé et j’ai cru entendre, dans un souffle du vent, que j’aurais dû quand même parler dont acte !

« Tout le monde a le droit de penser ce qu’il pense, de dire ce qu’il dit, de faire ce qu’il fait mais tous les comportements ne sont pas acceptables.» Plusieurs chemins sont possibles mais il est préférable de ne tracer qu’une route, au risque de s’éparpiller. Si nos choix ne s’inscrivent pas tous dans la continuité du précédent mandat, ils sont le fruit d’une réflexion à long terme sur l’avenir de la commune, bien qu’on ne sache pas les prérogatives dont elle disposera dans l’intercommunalité de plus en plus prégnante.

La modification, mineure, de notre document d’urbanisme, le PLU, était pourtant indispensable, entre autre, pour concrétiser la zone de loisirs. Car, était écrit entre parenthèses, concernant cette zone (« les croupes en toiture sont à proscrire » p59). Cette phrase, a suffi à refuser le permis d’aménager par le service instructeur et la signature, possible, du maire pour l’autoriser aurait pu être attaquée par ses détracteurs au sein du conseil municipal et aurait de toute façon été condamnée par le Préfet. La modification du PLU a suscité des réactions inattendues et pourtant… s’inscrivent comme des évidences, avec le développement inévitable de notre village, quelques aménagements de voirie comme l’ouverture de la Route Vieille vers celle de Montpellier. Elle y dirigera voitures et camions, qui roulent dangereusement sur la Route Vieille ou le chemin de Coutach, elle reliera enfin Cauvessargues pour l’intégrer à la commune. Evident aussi, le prolongement du chemin de Polozargues vers Sommières (qui existe sur le cadastre Napoléon), après la rectification des virages de Campagnany, demande renouvelée à chaque mandat. Evidente aussi, une troisième voie pour le Vieux Village par le chemin des Rives. Ouvrir l’impasse des vignes vers la Route Vieille (qui finirait par rajeunir !), plutôt que vers le chemin de Coutach, éviterait de ramener le flux circulatoire vers La Rouvière, dont la sécurisation en début de mandat fut un sujet polémique qui a nécessité d’interroger la population pour une décision, pas encore complètement acceptée par tous !


Notre village « gaulois*» (en référence à certains résultats électoraux !) ne peut « résister » au monde qui l’entoure, à la mise en construction de plus en plus de terrains et notre document d’urbanisme ne peut être figé dans le marbre. Je n’ai pactisé avec personne (et ne le souhaite pas) mais la négociation (pas le marchandage ni la soumission) fait partie de la gestion moderne. Elle permet parfois de corriger ! En deux mandats, 7 ha de terrains ont été détournés de leur vocation, souvent agricole, pour l’urbanisation (c’est écrit… dans le rapport de présentation du PLU p 179) sans aucune compensation, pourtant imposée par la loi sur l’eau qui prévoit des mesures de correction à l’imperméabilisation des sols. Ce fut parfois même fait sciemment par le propriétaire avec la signature d’un maire…berné ou peu concerné. « Terre du Soleil » a accepté de construire un bassin de rétention plus grand que la législation l’impose et de placer une borne à incendie pour couvrir l’entrée de La Rouvière, impossible à envisager sur la conduite existante sous dimensionnée et dans le cas du Chemin de Coutach, un fossé pourrait drainer les eaux pluviales vers le nord, hors de La Rouvière. Réparer,… quand c’est possible.


Dans tous les projets qui permettent de recevoir des aides, on essaie d’y intégrer ces problématiques, mais ils seront de plus en plus rares. L’achat du terrain de sport, il y a près de 20 ans, critiqué, s’est révélé une opération très fructueuse puisqu’elle a permis avec la vente, sous le mandat d’A de Bouard, (à qui je rends hommage pour ses réalisations et sa gestion facilitatrice), de réaliser le local technique et son parking. Il en sera de même de l’investissement foncier, route de Nîmes, pour les énergies renouvelables, soit par le biais de la location des terrains (plus du tiers du budget communal) soit en cas d’échec par la valorisation de ces terrains étant donné leur emplacement. Ce budget pourrait souffler encore plus fort avec l’éolien qui l’allègerait à plus des 2/3. Cela permettra aux prochaines équipes de nouvelles actions, en limitant la pression fiscale, pour mieux vivre ensemble. Une réunion d’information sur ces deux projets se tiendra à la Chapelle mercredi 3 février à partir de 18h30.


Juste une digression vers une histoire d’eau, syndicale. Un forage, qu’on espère miraculeux, un moïse sauvé ? (sorti ?) des eaux puisque personne n’y croyait en début de mandat, et bien, il se fera et pourrait bien nous sauver la mise (à l’eau) et pour trois, voire quatre communes avant de passer le relai à la C de C en 2020, loi NOTRe et préfet obligent !


Le monde est complexe ; lorsque Newton découvre la gravité par la chute d’une pomme, il ne sait pas qu’elle se combine à la chaleur du soleil pour créer les courants marins, qu’ El Nino, anomalie marine chaude pacifique a des conséquences sur la pêche au Pérou (normal c’est à côté), sur la mousson en Inde (moins normal car c’est beaucoup plus loin), la violence des cyclones de l’océan indien, le climat européen et la douceur québécoise de ce début d’hiver mais encore la sécheresse en Australie et en Nlle Calédonie ; Newton n’imaginait pas une seconde « l’effet papillon », ni l’influence de la société industrielle sur l’évolution du climat que la COP21… va stopper !! J.M. Pelt, grand pharmacien éco botaniste qui vient de disparaître, n’y croyait pas beaucoup non plus ! « L’être humain ne peut se passer de la nature. La nature peut se passer de l’être humain. Cette évidence devrait éclairer l’espèce humaine et inspirer sa posture majeure ».Tout comme l’abbé Pierre qui écrit que « l’homme d’aujourd’hui est colossal par l’énormité des responsabilités qui pèsent sur lui et minuscule devant l’immensité des tâches qui de toute part l’appellent ». Dans un contexte national difficile (chômage, immigration, déficit abyssal, pression fiscale, repli identitaire, mondialisation…), T. Monod, célèbre biologiste du désert et ami de la civilisation arabe, conseillerait peut être « l’utopie qui est simplement ce qui n’a pas encore été essayé », N. Mandela nous éclairerait probablement ainsi : « la meilleure arme c’est de s’assoir et parler...le courage n’est pas l’absence de peur mais la capacité à la vaincre» puis J. M. Pelt relativiserait «  la science évolue et la vérité d’une époque est rarement celle de la suivante » .


Pour aller contre la morosité ambiante je souhaite un sursaut de chacun d’entre nous pour 2016. Si, comme le colibri dans la jungle, conte que P. Rabhi répète à chacune de ses conférences, « chacun fait sa part », le monde sera meilleur. « Sa part » ça commence par aller voter en 2017, ce droit si chèrement acquis, plus récemment encore par les femmes. Galvaudé, comme le mot démocratie, par le fonctionnement de nos institutions, n’hésitons plus à l’utiliser, c’est notre devoir de citoyen et notre appartenance à la société française. Votons et investissons nous pour construire une société plus égalitaire, plus humanitaire, plus empathique, « un sourire coûte moins cher que l’électricité mais donne autant de lumière » avait dit l’abbé Pierre. « Cela parait toujours impossible jusqu’à ce que ce soit fait » aurait conclu Nelson Mandela.


Meilleurs vœux à tous pour 2016.

Daniel Anguiviel